Talents déchus
| Zingo |
|---|
|
J'ai eu un bon public dans le temps, mais incompris à présent, J'vis au dépend d'mes potes qui m'payent mes clopes comme Françoise Sagan Poète des ruelles, mes notes, stylos, bloc-notes permanent, Mais ma vie fit le choix de suivre celle de Renault Séchan |
|
Les larmes, faute d'avoir su tirer l'alarme, Aux dépendances illicitement lassantes et à leurs charmes J'vis mon dernier souffle dans la rue comme un chien tel Diogène, Sans gène vie d'bohème, qu'à cela n'tienne, c'est celle que j'aime |
|
J'ai vu les gardiens d'mes poèmes à des escrocs dire Amen Mes proches, avoir de sales mines, parce qu'avec le temps baissaient les primes, Augmentaient les prunes, et s'atténuait l'estime Mon public de révolté avec le temps s'est rangé |
|
J'dérangeais et ai passé dix piges à gamberger pour m'venger Dans l'vent, tel une poignée de sable au vent, Les médias ont fait mon ascension et m'ont laissé dérivant, Délirant à travers les courants et j'étais pas au courant |
|
Intellectuels et choquants, genre riche, hautains et vulgaires, Mais ils n'avaient que faire, d'un révolté quinquagénaire Accroché à mes rêves, j'me souviens j'menais la basse-cour Les poules, la poudre, et les gratteuses du prix Goncourt |
|
J'veux être connu après ma mort, qu'les porcs voient qu'ils avaient tord Mes remords, avoir vu les vices de c'monde aliéner mes efforts J'quitte mon corps, mon œuvre parachevée mais j'persiste J'me réincarnerais en poète dans une vie futuriste |
|
Fort de mes acquis, libérer mon âme des malaises Laisser s'échapper ma colère pour enfin ponctuer ma thèse |
| Chorus |
|
Talent déchu, tu portes en toi le talon d'Achille reçu Par la vie qui s'acharne dessus (x3) Talent déchu, tu portes en toi le talon d'Achille reçu Par la vie qui t'as mal reçu |
| Lucio |
|
J'étais promis à un meilleur sort, sur que j'valais mieux qu'ça Un gosse plein d'rêve devenu ombre quand cette lumière en moi S'est éteinte, j'lutte en proie avec mes démons, J'noie mes soucis dans l'absinthe en l'absence, |
|
D'instance régulatrice qui m'offrirait une certaine stabilité Même plus d'thunes pour l'loyer, chez nous on parle plus d'amitié Mes belles années, envolées, comme une feuille en automne Plus l'temps passe, plus les minutes sont monotones |
|
Alors j'm'accroche à un décors, crée d'toutes pièces Injecte, attend l'bénéfice et encaisse Du moins c'est c'que j'pensais au début, aujourd'hui c'est plus fort qu'moi Machine à sous est la maîtresse qui pompe tout l'budget du mois |
|
J'voulais goûter au strass, style, laisser ma trace dans c'monde Mais j'succombe sous les coups d'une excitation immonde Devant un mouvement circulaire, répéter six heures d'affiler Dégoûté, dans mes poches, c'est constamment un crack boursier |
|
Crasseux, j'tends les mains pour faire rentrer les fonds Putain, j'ai touché l'fond d'la poisse, j'ai été un garçon Enchaîné toute sa vie à de tyranniques passions Pas sûr qu'on s'en sorte, triste constatation |
| (Refrain) |
| Lucio |
|
Talent gâché, ou l'art d'se fâcher avec c'qu'on a pas Trop d'déséquilibres, une dose de poisse dans une pêche sans appât Personnage passif d'un scénario dramatico-absurde Observant avec conscience, sa détente aux enfers |
|
Trop faible pour croiser l'fer, quand la liberté s'fait rare On s'dira déterminés, un fataliste mis au placard Plaqué au sol, par l'sort qui sans cesse s'acharne, K.O. avant même de combattre, victime d'une défaite sans campagne |
|
Un mort parmi les vivants, un homme non combattant Refusant d'emblée l'défi, celui d'chausser sa paire d'gants La vie reste un combat, avant tout contre soi-même On récolte ce qu'on sème, suspendus au climat |
Extrait de l'album "Passe le Mot" de Maux2Passe

